En crise depuis le milieu des années 80, le cinéma camerounais souffre également d’un déficit de structures de formation. Malgré cette situation regrettable et aussi curieux que cela soit, on constate qu’au Cameroun, des générations de cinéastes se succèdent. Dans ce contexte particulièrement difficile, comment peut s’expliquer cette transmission quasi cyclique du cinéma de génération en génération ? C’est la principale question à laquelle nous répondons dans ce travail que nous avons effectué en nous fondant sur les observations théoriques émises par la Commission scientifique du 143ème Congrès national des Sociétés historiques et scientifiques de France sur la transmission des savoirs. Prenant appui sur ce socle scientifique, nous avons durant un trimestre, grâce à la recherche documentaire et à l’exploitation de documents, collecté les données que requérait ce travail. Celles-ci sont venues s’ajouter à celles que notre observation du cinéma camerounais nous a permis de mobiliser depuis que nous sommes dans la recherche. De nos analyses, il ressort que la transmission intergénérationnelle du cinéma au Cameroun n’est pas le fait d’un seul acteur, mais plutôt le fruit de l’action conjuguée mais généralement non concertée des structures de formation conventionnelle et des professionnels de la filière cinématographique. L’action de ces acteurs demeurant perfectible, notamment au niveau du système de formation classique dont la structuration et le fonctionnement permettent un contrôle, nous avons fait quelques propositions dans ce sens.