Il n’existe pas de film de guerre sans une mise en scène des cadavres. En s’appuyant alors sur des films de guerre emblématiques tels que Les sentiers de la gloire de Stanley Kubrick, Apocalypse Now de Francis Coppola et Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg, la question au centre du présent article est la suivante : quelles sont les intentions des cinéastes susmentionnés, lorsqu’ils portent à l’écran les cadavres en utilisant les trois modes de représentation qui sont l’exagération, l’atténuation et la suggestion ? À la lumière des lectures pragmatique et rhétorique du film inspirées respectivement des travaux de Francesco Casetti et de Guillaume Soulez, cet article se propose de démontrer que selon tel mode de représentation des cadavres dans le corpus étudié, il y a une attitude donnée que ces cinéastes entendent faire adopter au spectateur. Il apparaît ainsi à l’analyse des séquences filmiques, que l’exagération semble le moyen le plus efficace de faire détester la guerre au spectateur. Par contre, l’atténuation et la suggestion sont mobilisées pour lui assurer une relative tranquillité face au spectacle macabre de la guerre