Cet article présente l’analepse (flash-back) comme opportunité technique d’écriture cinématographique dans le film La patrie d’abord du réalisateur-comédien Thierry Ntamack. Le film sorti en 2016 est parsemé d’interruptions injustifiées du flot narratif principal, semant la confusion sur les intentions du réalisateur. La question que cette recherche pose est de savoir comment l’analepse peut contribuer à l’intelligibilité d’un film tout en conservant son option pour une esthétique par l’ellipse. L’objectif est de démontrer l’apport de ce procédé qui rompt avec la linéarité dramaturgique du film. Il s’agit de penser au cours du film La patrie d’abord, des plans et des scènes qui se sont déroulés chronologiquement avant certaines actions et qui éclairent le spectateur sur la projection mentale des sentiments des personnages. S’est donc le recours à la rhétorique du souvenir par l’analepse qui est suggéré ici. Dans une perspective sémiologique, la présente étude démontre que le marquage énonciatif instauré par ces retours en arrière augmenterait l’intention de l’auteur d’émouvoir, et à cet égard aussi, ferait preuve d’une maîtrise narratologique. Pour conclure que le recours à cette figure de style ne relève pas seulement d’un caractère décoratif, mais renforce également sur le plan rhétorique le discours du film.