Le narrateur de La Rose de sable s’attache en parallèle à analyser l’évolution du héros, le lieutenant Lucien Auligny, jeune militaire idéaliste convaincu des bienfaits de la colonisation et, soudain, en proie aux doutes et aux contradictions quand il est confronté au réel, nous livrant les nombreux débats, les nombreux dilemmes qui agitent alors sa conscience. Tandis que discrètement, l’auteur lui-même intervient aussi dans le récit pour dénoncer l’injustice foncière sur laquelle repose le système colonialiste, et, notamment cette croyance en la supériorité d’une ‘’race’’ sur l’autre. À l’exploitation et au sentiment de supériorité des colons, répondent l’hypocrisie et une certaine veulerie des indigènes. La question principale de ce sujet est : Quelle est l’attitude des Marocains face à l’autorité française qui souhaite mettre un terme à leur autochtonie ? Cet article s’est proposé de démontrer que, à cause de la différence des cultures des deux peuples, l’acceptation de l’une au détriment de l’autre culture a constitué un réel problème pour l’un ou l’autre peuple. La politique française de soumettre et de faire intégrer la masse indistincte des populations pauvres à l’ensemble de la politique nationale française, a été un échec ; le jeune officier Auligny va se faire assassiner par ceux pour qui il avait décidé, au dernier moment, défendre. Pour mener à bien ce travail, nous avons convoqué l’imagologie dans le sens de Daniel-Henri Pageaux qui nous a permis de donner une vue globale du sujet. Cette théorie présuppose que l’étude d’un texte ne peut être entreprise en vase clos. Le texte est saisi comme un « espace dialogique » (selon les termes de Mikhaïl Bakthine, 1970 : 366), comme un lieu où s’affrontent, se recoupent et se répondent des discours, propagés par des groupes sociaux en lutte. Elle postule que les discours portent les marques du dialogisme, entendu comme influence sur un énoncé d’énoncés antérieurs. En pratique, cela implique que l’analyse d’une proposition donnée doit tenir compte de tout son contexte discursif (Marc ANGENOT, 1982 : 179).